EN CAMPAGNE/Les feux de Jeanne

L’ODYSSEE, BRUNO AVEILLAN, MARCEL, LA PANTHERE, JEANNE TOUSSAINT, CARTIER

 

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– En 3’31’’, Cartier en montre beaucoup mais en dit peu. Aux aficionados de la maison joaillière de saisir la quintessence de ce bijou de film, parure ciselée par l’agence Marcel  et le véritable soixante-huitard Bruno Aveillan (il est né en 1968). Et c’est précisément ce qui en fait la richesse, plus impalpable que les images. C’est l’esprit Rohmer, qui avait coutume de dire : « Il ne faut pas s’adresser, au plus bête de l’assistance. Moi, je fais mes films pour le spectateur le plus intelligent. »

 

 

Avec Aveillan donc, toujours très « Back to the stars » (titre de Coldplay, bande son de son film pour GDF)  qui court les campagnes sur son Quad (Maison de production) avec Louis Vuitton, Audi, Lanvin, Lexus, Chanel, Shangri-La, Swarovski… défilent Saint-Petersbourg et la calèche de la duchesse Maria Pavlovna, l’Inde des Maharadjas, la Grande Muraille de Chine en queue de dragon, l’aviateur Santos-Dumont et la rue de la Paix, bien sûr. La panthère n’exhale pas son parfum christique mais une déambulation labyrinthique sur les coussinets délicats de l’histoire de Cartier. Déambulation labyrinthique que maîtrise parfaitement Aveillan après son magnifique travail sur le Minotaure avec Philippe Combes…

 

 

Unies dans le même et poussiéreux concept écrin (la seule faiblesse du film : l’écrin çà craint), la très en « Vogue » et canadienne Shalom Harlow et la panthère donnent la clef. Coco (Shalom Harlow incarne le parfum Coco en print) et la panthère, mais bien sûr, ce film est dédié à l’ex grande cocotte Jeanne Toussaint qui comme sa copine Chanel, défrayait les chroniques mondaines dans les années 20 ! Jeanne, c’est la panthère Cartier elle-même, maîtresse de Louis, directrice (1933) et véritable Coco de la haute joaillerie.

 

 

Quelques images de « La panthère », « le fabuleux roman de Jeanne Toussaint, joaillière des rois » (de Stéphanie Des Horts chez Lattès) défilent sous nos yeux éblouis.  En l’épisode indien, parures et bestiaire chantent la générosité des pierres et celle qui sut comme directrice, insuffler création et modernité « au gré de broches oiseaux pavées de diamants, de parures indiennes, de colliers ornés de fauves, ruisselant de rubis ou regorgeant d’onyx et de cristal de roche dans un style plus épuré, proche de l’Art déco. » Cartier permet enfin à la Panthère de ne plus rester femme de l’ombre et de marquer enfin les esprits du vulgaire, hors maison joaillière.

 

 

Et puisqu’on a commencé par citer Rohmer, on finira par lui : « Tout être vit dans l’incomplétude. Et c’est seulement l’amour qui lui permet de se réaliser pleinement. » La réalisation de la petite Jeanne flamande c’est la somptueuse histoire de la création joaillière Cartier. J’en feule comme jadis Blaise Cendras pour la petite Jehanne de France dans le Transsibérien. A voir encore ce soir, sur Canal + après « le Grand Journal ». Pour 4 M€, révéler Jeanne, l’âme de la joaillerie en un film à la fois institutionnel et corporate,  c’est pas cher.

EV

Ci-dessous quelques clips mythiques de Bruno Aveillan… L’âme de la nature avec Shangri-La ; l’âme du voyage avec Louis Vuitton ; l’âme de la déambulation avec Philippe Combes ; une bulle de gaz avec GDF ; une bulle de Perrier…

 

 

 

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